| Sylvette Fayet candidate Front de Guche et Jean-François Milser suppléant élections législatives 2012 Gard 1e circonscription |
Elections Législatives - 1ere circonscription du Gard
et Jean-François Milesi, fonctionnaire Education Nationale,
son suppléant à Comité Départemental pour des Etats Généraux des Services Publics
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes très sensibles à votre interpellation sur un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, et c’est bien volontiers que nous y répondons.
Les Services Publics, tels que nous les concevons, sont nécessaires à l’exercice de la Démocratie et à la réappropriation par les citoyens eux-mêmes de leur propre existence parce qu’ils sont les garants de l’Egalité de toutes et tous, quelles que soient leur situation sociale, leurs origines ou leur localisation géographique. Entreprises et services publics doivent redevenir des éléments structurants de la société et du territoire.
Les privatisations, ouvertes ou rampantes, la RGPP, l’abandon de territoires ruraux ou urbains, la calculette comme seul critère d’évaluation, ont saccagé ce patrimoine. La RGPP sera abandonnée et nous travaillerons, d’abord, à relever et à développer ce qui subsiste, mais aussi à élargir considérablement le champ d’intervention du secteur public, avec comme préalable la titularisation des 800.000 précaires de la Fonction Publique actuelle.
Dans l’Education : -fin de la mise en concurrence des établissements et de la désectorisation génératrice de ghettos, avec mise à disposition de plus de moyens pour les zones qui ont le plus de besoins et souffrent des plus fortes inégalités
-droit à la scolarité dès 2 ans
-plan de recrutement rétablissant tous les postes supprimés sans redéploiement (qui se ferait au détriment d’autres secteurs eux aussi sinistrés par la RGPP).
-développement du prérecrutement des enseignants
-rétablissement des RASED
-rétablissement d’une véritable année de stage et de découverte du métier pour les enseignants débutants.
L’Université et la Recherche doivent échapper à la logique de marchandisation et de rentabilité immédiate voulue par la loi Libertés et Responsabilités des Universités.
Dans le domaine de la Santé, le maillage du territoire doit être à nouveau assuré, à l’opposé des logiques actuelles qui créent des déserts hospitaliers. Parallèlement, un Pôle Public du Médicament sera créé, libéré de l’influence néfaste des grands groupes pharmaceutiques.
La Justice doit disposer enfin des moyens qui permettront à tous les citoyens d’être vraiment égaux devant la Loi et de ne pas attendre indéfiniment les décisions ; police et gendarmerie, elles aussi touchées par les restrictions d’effectifs doivent retrouver la capacité d’assurer leurs missions, y compris dans la proximité avec les habitants.
La protection sociale doit échapper aux stratégies purement comptables et permettra de mieux couvrir les dépenses de santé et de prendre en charge intégralement le risque dépendance (autonomie), en le mettant à l’abri des appétits des groupes d’assurances privées.
Le secteur de la Petite Enfance deviendra un Service Public à part entière.
Des services aussi structurants que les transports (en particulier ferroviaires, frêt compris ; mais aussi les autoroutes), les télécommunications et la Poste doivent réintégrer véritablement leurs fonctions de Services Publics, tout comme l’ensemble du secteur de l’énergie (gaz compris). Il conviendra d’y ajouter l’eau (et l’assainissement), un bien commun de plus en plus rare et précieux, qui ne saurait être l’objet de spéculations. La gratuité sera effective sur des volumes vitaux d’eau, gaz et électricité, afin que personne n’en soit privé.
Pour répondre au mal logement, qui continue de sévir, pour mettre un terme à la spéculation immobilière, nous préconisons aussi la création d’un Service Public National du Logement (intervenant dans le domaine du financement, du foncier, de la construction).
Enfin, pour donner à l’Etat les moyens d’intervenir efficacement, y compris sur les leviers de l’économie, un Pôle Financier Public sera constitué.
Cela ne pourra se faire efficacement et durablement sans la prise en compte réelle des besoins et des avis des élus, des salariés, des usagers, des citoyens en général : à eux de définir les besoins collectifs et les moyens d’y répondre, y compris dans leur évolution avec le temps.
Les critères de gestion doivent être prioritairement définis par l’utilité et l’efficacité sociales ; quant aux modes de « gouvernance », ils devront être en rupture avec les schémas dominants de l’entreprise privée ou ce qui fut fait en 1981, qui n’étaient que la transposition dans le Public des modes de penser et de gérer à l’œuvre dans le privé, s’ajoutant à la pratique généralisée du « pantouflage ». Là encore, salariés, usagers, élus doivent avoir part au pouvoir de décision. Tout changement du périmètre des services publics nécessitera la consultation populaire.
La taxation des revenus et des actifs financiers, des revenus du patrimoine ; la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales, des niches fiscales ; bref, une réforme en profondeur de la fiscalité devrait permettre un meilleur partage des richesses et de faire revenir vers les salaires, la protection sociale et les retraites, les sommes colossales qui, au fil des ans, sont allées accroître la part du Capital dans la redistribution du PIB
Les services publics répondent à l’intérêt général de l’humanité ; or celui-ci est menacé par la catastrophe écologique que les visions à court terme des logiques capitalistes (profit maximum en un minimum de temps) sont en train de provoquer. Il y a donc cohérence entre reconstruction d’un grand secteur public et mise en place d’un plan de transition écologique global (énergie, industrie, agriculture, transports, bâtiment…) intégrant l’idée de « produire autrement ».
Il y aurait encore tant à dire ! Mais nous attendons beaucoup de l’intervention citoyenne, de l’intelligence collective lorsqu’elle est encouragée ! C’est pourquoi, au-delà de la trame forcément succincte que nous proposons, nous attendons beaucoup des débats et rencontres que nous nous efforçons de susciter pour modifier, enrichir, préciser ces propositions. Les forums que vous-mêmes organisez sont une richesse irremplaçable, un atout fondamental pour changer les choses en profondeur, pour l’émancipation humaine que nous appelons de nos vœux !
Restant à votre disposition, veuillez croire en notre attachement indéfectible à des Services Publics de qualité,
Le 6 Mai 2012
Sylvette FAYET et Jean François Milesi
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire